L’arbre décisionnel — les 5 étapes
① L'approche est-elle appropriée ?
├── NON → Modifier l'approche
└── OUI →
② Le recadrage est-il possible ?
├── OUI → Changer la vision des intervenants
└── NON →
③ Évaluation (décrire SCPD, causes sous-jacentes, grilles)
④ Essai des stratégies de base (validation, diversion, histoire de vie)
⑤ Si comportement persiste :
• Interventions non-pharmacologiques (individuel, environnemental, interactionnel)
• Plan d'intervention 24/24-7/7
• Médication SI nécessaire selon évaluation
→ Réévaluation à 4 semaines
→ Déprescription planifiée à 3 mois
① L’approche est-elle appropriée ?
Posture, voix, rythme, respect du consentement. Si non → revoir l’approche avant tout le reste.
② Le recadrage est-il possible ?
Regarder le comportement sous un autre angle. « Mme X est agressive » peut devenir « Mme X a peur parce qu’on entre dans sa bulle sans avoir pris le temps ».
③ Évaluation
Voir module 5. Décrire SCPD, chercher les causes sous-jacentes, utiliser les grilles (Cohen-Mansfield, NPI, PACSLAC-II, BL0025).
④ Stratégies de base
Validation, diversion, histoire de vie, humour adapté, toucher affectif, stratégie décisionnelle.
⑤ Interventions graduées
Non-pharmacologiques d’abord (individuel, environnemental, interactionnel), plan 24/7, médication uniquement si nécessaire.
Interventions non-pharmacologiques
L’approche non-pharmacologique est le traitement de première intention des SCPD légers à modérés. Plusieurs SCPD sont réfractaires à la médication et devraient être traités uniquement de manière non-pharmacologique (Hill et Kergoat, 2019).
Types d’interventions
- Individuelles : histoire de vie, routine personnalisée, activité signifiante, toucher affectif.
- Environnementales : éclairage, bruit, organisation spatiale, signalétique, aires dédiées.
- Interactionnelles : formation des équipes, caucus, ajustement de l’approche.
Interventions pharmacologiques
En cas de SCPD sévères, si la modification de l’approche, le recadrage et les interventions non-pharmacologiques sont insuffisants, on peut tenter une intervention pharmacologique.
Antipsychotiques — révision pharmaco
| Médicament | Tmax | T½ vie | Dose initiale (mg/jr) | Intervalle d’augmentation | Dose cible (mg/jr) |
|---|---|---|---|---|---|
| Halopéridol | 20 min (IM/SC) – 60 min (PO) | 12-36 h | 0,25-0,5 | 0,25-0,5 q3 j | 0,5-2 |
| Rispéridone | 1 h | 20-24 h | 0,125-0,5 | 0,125-0,25 q3 j | 0,25-2 |
| Olanzapine | 6 h | 21-54 h | 1,25-5 | 1,25-2,5 q3-5 j | 2,5-10 |
| Quétiapine | 1,5 h | 6-7 h | 12,5-25 | 12,5-25 q3 j | 25-200 |
Risques et effets indésirables
| Antipsychotiques | Benzodiazépines | Antidépresseurs |
|---|---|---|
| Seroquel, Risperdal, Haldol, Abilify | Ativan, Rivotril, Serax, Valium | Zoloft, Celexa, Paxil, Remeron |
| Sédation, somnolence, engourdissement | Dépendance physique | Risque de chute |
| Dystonie, raideur musculaire | Chutes | Somnolence |
| Akathisie (agitation motrice) | Troubles de la mémoire | Palpitations |
| Tremblements | Incapacités fonctionnelles | Trouble sexuel |
| Chutes, fractures de hanche | Sédation / fatigue diurne | Malaises GI |
| Dyskinésie tardive | Delirium | |
| Perturbations métaboliques, gain de poids, bouche sèche, étourdissements |
Symptômes où la médication n’est pas indiquée en premier choix
Errance, cris non liés à détresse sévère, résistance aux soins, désinhibition, répétitions verbales, troubles du sommeil isolés.
Symptômes où la médication peut être indiquée
Agressivité sévère mettant la personne ou autrui en danger, détresse psychotique sévère, désorganisation anxieuse majeure.
Mesures de contrôle
Les mesures de contrôle (contention physique, chimique, isolement) ne sont utilisées qu’en dernier recours, dans un cadre légal strict, avec évaluation, consentement et surveillance.
« Une pilule pour le bain ? »
La médication PRN pré-soins d’hygiène est une contention chimique. Sauf si :
- Échec de toutes les stratégies non-pharmacologiques ET
- Désorganisation anxieuse ou agressive sévère de l’usager.
Exception : médication analgésique en prévision de douleur à la mobilisation.
Réévaluation et déprescription
- Évaluer le plan de traitement toutes les 4 semaines.
- Si médicaments administrés → surveiller les effets secondaires.
- Planifier la déprescription dans 3 mois.
Orientation de l’INESSS
L’INESSS recommande l’usage optimal des antipsychotiques et la prise en charge non-pharmacologique des SCPD chez les personnes atteintes de TNCM résidant en CHSLD.
À retenir
- Non-pharmacologique d’abord, toujours.
- L’arbre : approche → recadrage → évaluation → stratégies → interventions graduées.
- Antipsychotique = décision pesée, avec horizon de déprescription.
- Une pilule avant le bain = contention chimique (sauf exception).
- Réévaluation q4 semaines ; déprescription planifiée à 3 mois.